[Interview] Chez Gazouillis et compagnie

[Interview] Chez Gazouillis et compagnie

Bonjour Pascale, tu es la créatrice de Gazouillis et Compagnie, et tu réalises de magnifiques tricots et layettes pour les petits, tenues, ensembles, chaussons, bonnets, que l’on peut retrouver dans ta boutique.

Merci d’avoir accepté de nous en dire plus sur ton activité.

 

 

En découvrant ton site, c’est la cigogne qui attire l’œil, sont-ce les gazouillis des bébés qui t’ont inspiré ce nom ?

Oui Isabelle, c’est tout à fait ça ! En fait, j’étais à la recherche d’un nom pour mon site lorsque ma fille m’a annoncé que j’allais devenir mamie pour la première fois. Instantanément après cette belle nouvelle, je me suis dit que j’allais entendre à nouveau « gazouiller » dans cette maison et « compagnie » car avec cinq enfants, on nous a souvent appelés « la compagnie ».

 

Tricoter, une passion ?
A la lecture de ton blog, on peut découvrir l’histoire du tricot. Plus de 4000 ans pour les pièces les plus anciennes. Habiller les bébés, les grands, et couvrir leur cou, leurs mains, leurs pieds avec des matières naturelles est une tradition, que représente cette longue lignée à tes yeux ?

Cela représente à la fois un grand mystère, car je me demande encore comment un jour quelqu’un a eu l’idée de « croiser » des fils, et une admiration sans borne pour ce créateur d’antan. Aujourd’hui, nous avons vraiment tout un tas de techniques, de machines et de supports pour nous inspirer, nous aider et nous faciliter la vie, mais à l’époque ils n’avaient que leur tête et leur dix doigts et cela m’impressionne réellement de savoir que 4000 ans plus tard nous continuons, grâce à un illustre inconnu, de pratiquer cette activité. Finalement nous n’avons rien inventé !

Comment en es-tu venue au tricot ?

Du plus loin que je me souvienne, mes doigts ont toujours obéi à ma tête….tricot, métier à tisser, appareil pour faire des fleurs, point de croix, broderie, crochet, dessin, peinture, couture… Chaque Noël ou anniversaire était l’occasion de me les faire offrir. Mais c’est dans le tricot que je « m’éclatais le plus ». Ma maman tricotait beaucoup, et à l’âge de 6 ans j’ai voulu, moi aussi, habiller mes poupons. Ma mère m’a appris à faire sur des crayons de couleurs afin que je ne me blesse pas, car j’étais déjà très « speed ». Dans un premier temps, mes poupons ont eu beaucoup d’écharpes, puis des vêtements. Voyant que cette passion ne me lâchait pas maman n’a pas rechigné quand à 11 ans je lui demandais de m’acheter de la laine pour réaliser mon premier pull, le fameux pull tube des années 70 ! Et depuis je n’ai jamais arrêté. Au collège, j’ai initié trois de mes meilleures amies, nous tricotions sans relâche entre midi et 14 heures, le même pull dans 4 coloris différents, faisant fi des moqueries de nos camarades. Dans les années 80, la laine n’était pas très chère, toute ma famille a donc profité de mes tricots, toutes les occasions étaient bonnes pour leur offrir un pull !

 

Tu es maman, et plus, et même grand-maman si je ne m’abuse. Quand as-tu commencé à tricoter tes merveilles pour les petits ?

Mes premières créations datent de l’époque où j’attendais mon fils ainé, il y a 27 ans…Le modèle Berlingot (brassière naissance) fut ma première création de layette.En 1981, du haut de mes 18 ans, je travaillais dans une maternité, et je trouvais que toutes ces mamans qui avaient dans leur valise les mêmes layettes, Phildar et Pingouin (à l’époque deux marques phares dans le domaine du tricotage « populaire ») manquaient terriblement d’originalité, et je m’étais alors promis que mes bébés auraient des vêtements différents des autres. J’ai toujours eu de belles remarques concernant mes layettes, que ce soit à la maternité, en famille, de la part de mes amies. Les années ont passé, avec toujours dans un coin de ma tête l’envie, mais sans savoir comment faire, de commercialiser mes propres créations.
Il y a 4 ans, après avoir mis en place un marché de Noël dans l’hôpital où je travaille, j’ai créé un tas de petits modèles qui ont obtenu un accueil plus que chaleureux. L’année suivante, idem, j’ai même été obligée de prendre des commandes car il n’y en avait pas assez pour tout le monde ! Devant un tel succès, enfants, mari, collègues tout le monde m’a poussée à « professionnaliser » ma passion. J’ai beaucoup hésité, et puis je me suis dit qu’après tout je ne risquais rien…Cela fait à présent 29 mois que « Gazouillis et Compagnie » existe, je ne suis jamais restée sans commande à tel point que pour réussir à tricoter pour mon petit amour de Loan (mon petit-fils) je suis obligée de me dire que ma fille est une cliente et de planifier ses tricots au milieu de mes commandes… Je suis vraiment ravie. Un seul bémol, le temps me manque pour de nouvelles créations en attente dans un coin de ma tête !

Comment définirais-tu ton univers créatif ?

Mon univers créatif est rempli de tendresse et de douceur, de peps et d’originalité, d’une touche intemporelle et d’une touche de modernité.

Des chaussons à boucle, des layettes torsadées, des laines chaleureuses, des couleurs tendres, quelle est ton inspiration ?

Une couleur, une odeur, une texture, l’humeur du jour, le temps qu’il fait, une photo, un paysage….tout est pour moi source d’inspiration, dès l’instant que se dessine le modèle dans ma tête, telle une évidence. Une hésitation, si minime soit-elle, et hop je sais d’instinct que ça n’ira pas ! Pourquoi, comment…..je ne le sais pas, c’est comme ça !

Comment se passe le processus de création d’un ensemble Gazouillis et compagnie ? Dessine-tu tes modèles ?

En règle générale, non. Cela m’arrive, lorsque plusieurs modèles sont enfouis dans ma tête, j’ai toujours peur de les « oublier », alors je fais quelques esquisses. Cela m’a d’ailleurs joué des tours….Je me répète, mais je tricote d’instinct, parfois lorsque j’ai un coup de foudre pour un coloris, mes mains démarrent sans que ma tête sache où nous nous embarquons….(exemple : Romantique et Belle Dentelle, Torsades Nordiques, Bonjour la Terre, pour ne citer qu’eux) du coup ça monte tranquillement et bien sûr je ne prends pas de notes (enfin ne prenais pas de notes) et puis, quand les commandes ont commencé à arriver, j’en suis venue à m’arracher les cheveux, me demandant combien de mailles j’avais mis, comment j’avais fait, pourquoi…..et ce fut une belle galère que de faire et défaire pour y arriver !
Maintenant, je tricote avec l’ordinateur posé sur le canapé, et je note à mesure que je termine un morceau et lorsque je sais que je n’y apporterai plus de modifications.

Quelles sont tes matières, tes techniques préférées ?

J’aime toutes les matières que je propose depuis 1 an. Au départ de mon activité, je proposais aussi bien des fibres mélangées telles que l’acrylique, le polyamide…mais après avoir goûté aux matières nobles que je propose, je ne veux plus y revenir. Ceci-dit, le coton et soie découvert cet été est d’une grande douceur.
Je viens récemment de tester le cachemire, et là j’avoue que c’est du pur bonheur !

Je suis une grande débutante, adepte du point mousse et des grosses aiguilles pour une rien te cacher, que conseillerais-tu à celles qui auraient une envie folle de tenter autre chose qu’une couverture de poupée cet hiver ?

Si c’est pour adulte, je conseillerais snood et bonnet, très faciles à réaliser et avec de grosses aiguilles et de la grosse laine. Ça avance tout seul.
Pour un bébé, je verrais plutôt des chaussons comme « Ecolo » ou un bonnet de forme très classique, comme par exemple « Classique Chic ».
(NDLR : Retrouvez les tutoriels Gazouillis et compagnie ici )

 

Quelle est la création qui te ressemble le plus ?

Rhoooo difficile de répondre, bien qu’elles me ressemblent forcément toutes, j’hésite entre deux. J’aime la douceur des coloris et de la forme de Poyures, et son côté un brin original par le mariage des rayures et des pois, et Turquoise, avec ces coloris toniques et plein de peps.

Voici le choix de la rédaction : les torsades nordiques

Ces torsades sont splendides, elles existent qui plus est dans deux matières, et plusieurs couleurs.

Excellent choix ! Ce modèle fait partie de mes préférés avec Poyures et Lutin Lutine car ils ont tous été créés au départ pour mon petit amour de Loan !

Merci Pascale !

Retrouvez les créations de Pascale dans la boutique  Gazouillis et Cie et sur Facebook

La dernière boutique Bulle de cachemire

ainsi que dans les fiches de Marie-Claire : Joli lutin, Tendre guimauve, Sélection de la semaine de Marie-Claire.

[DIY] Fabriquer un bouquet immortel avec les enfants

[DIY] Fabriquer un bouquet immortel avec les enfants

Aujourd’hui, un tutoriel tout simple pour égayer votre intérieur et vous amuser avec les enfants.

Mes enfants font des bouquets avec les grandes tiges que perdent les arbres des avenues en cet automne venteux. Qu’en faire une fois rentrés à la maison ? Eh bien, un bouquet ! La mise en œuvre est toute simple : des chemises en papier coloré, des ciseaux, un feutre… et c’est tout ! Dessiner des feuilles et des fleurs à pétales multiples avec les enfants, de grandes et de petites pour l’intérieur ; découper les formes en une seule fois en les superposant.

Placer les tiges dans un vase et percer tout d’abord les feuilles avec l’extrémité des tiges, puis les grandes fleurs, et enfin, les coeurs en prenant le soin de mélanger les couleurs. Vous pouvez varier les formes des pétales et celles des cœurs pour changer de variété.

Amusez-vous bien, et n’oubliez pas de m’envoyer les photos de vos créations, par mail ou via la page Facebook de Dessine-moi un prénom !

[Contes] Jack et le haricot magique

[Contes] Jack et le haricot magique

J’aime les contes, j’aime ce qu’ils nous apportent, ce qu’ils sèment en nous, enfants, et qui nous porte pendant toute notre vie. Même s’il existe une morale de l’histoire généralement admise, il n’y a que des interprétations personnelles. Je crois que chaque enfant a un avis sur les histoires que nous lui lisons, qu’il interagit avec elles, que certaines lui plaisent entièrement et que d’autres le fascinent en partie. Une image peut d’ailleurs parfois suffire à résumer un conte. Le manichéisme des contes est formidable. Ma fille me demandait à quoi on pouvait reconnaître un méchant dans la rue, dans la vraie vie. Il est vrai que les méchants sont reconnaissables à leurs attributs, couleurs, accessoires, démarche, sourires, à la musique qui accompagne leur arrivée ou leurs diatribes. Mais certains méchants sont plaisants et d’autres ne restent pas méchants. Les contes brouillent parfois les pistes.

Parmi les contes que j’ai déjà illustrés se trouvent Raiponce, Boucle d’Or et les trois ours, La Princesse au petit pois. Je viens de terminer Jack et le haricot magique.

En voici l’histoire, amalgame de diverses traditions :

Jack est un garçon qui vit seul avec sa mère, veuve. Leur seul moyen de subsistance est le lait que donne leur unique vache et qu’ils vendent au marché. Un matin, ils se rendent compte que leur vache ne donne plus de lait. La mère de Jack décide alors d’envoyer son fils la vendre au marché.

En chemin, Jack rencontre un vieil homme à l’allure étrange et qui salue Jack en l’appelant par son prénom. Il parvient à convaincre Jack d’échanger sa vache contre des haricots qu’il dit « magiques » : si on les plante pendant la nuit, le matin ils auront poussé jusqu’au ciel ! Quand Jack revient chez lui sans argent mais avec, seulement, une poignée de haricots, sa mère se met en colère et jette les haricots par la fenêtre. Elle punit son fils pour sa crédulité en l’envoyant au lit sans souper.

Tandis que Jack dort, les haricots germent dans le sol et, au matin, une gigantesque tige de haricots a poussé à l’endroit où ils ont été jetés. À son réveil, quand Jack voit l’énorme tige montant jusqu’au ciel, il décide sur-le-champ de grimper à son sommet.

Tout en haut, il trouve une large route, qu’il emprunte, et qui le conduit à un château. Sur le seuil se tient une grande femme. Jack lui demande de lui offrir à déjeuner, mais la femme le met en garde : son mari est un ogre et, si Jack ne tourne pas les talons, c’est lui qui risque de servir de déjeuner à son mari. Jack insiste, et la géante lui prépare à manger. Jack n’est pas arrivé à la moitié de son repas, que des bruits de pas se font entendre, qui font trembler toute la maison. La géante cache Jack dans un four. L’ogre arrive et, immédiatement, il sent la présence d’un humain :

La femme de l’ogre dit à celui-ci qu’il se fait des idées et que l’odeur qu’il sent est sans doute celle des restes du petit garçon dont il s’est délecté la veille. L’ogre s’en va et, alors que Jack est prêt à sauter de sa cachette et à prendre ses jambes à son cou, la géante lui dit d’attendre que son mari soit en train de faire la sieste. Après que l’ogre a mangé, Jack voit celui-ci prendre quelques sacs dans un coffre et compter les pièces d’or qu’ils contiennent jusqu’au moment où il s’est endormi. Alors, Jack sort du four sur la pointe des pieds, et il s’échappe en emportant l’un des sacs d’or. Il descend la tige de haricots et ramène l’or à sa mère.

L’or permet à Jack et à sa mère de vivre pendant un certain temps, mais arrive un moment où il n’y en a plus, et Jack décide de remonter en haut de la tige de haricots. Sur le seuil de la grande maison, il trouve de nouveau la géante. Elle lui demande si ce n’est pas lui qui est déjà venu, le jour où son mari s’est aperçu que l’un de ses sacs d’or manquait. Jack lui répond qu’il a faim et qu’il ne peut pas lui parler tant qu’il n’a pas mangé. La géante, de nouveau, lui prépare un repas… Tout se passe comme la fois précédente mais, cette fois, Jack parvient à dérober une poule qui, à chaque fois qu’on dit « ponds », pond un œuf d’or. Il la ramène à sa mère.

Bien vite, Jack, insatisfait, éprouve l’envie de remonter au sommet de la tige de haricots. Une troisième fois, il escalade donc la tige mais, au lieu d’aller tout droit jusqu’à la grande maison, quand il arrive près de celle-ci, il se cache derrière un buisson et attend, avant d’entrer chez l’ogre, que la géante soit sortie chercher de l’eau. Dans la maison, il se trouve une autre cachette, dans un « marmite » Le couple de géants revient. Encore une fois, l’ogre sent la présence de Jack. La géante dit alors à son mari de chercher dans le four, car c’est là que Jack s’était caché auparavant. Jack n’y est pas, et ils se disent que l’odeur est sans doute celle d’une femme que l’ogre a mangé la veille. Après le déjeuner, l’ogre demande à sa femme de lui apporter sa harpe d’or. La harpe chante jusqu’à ce que l’ogre se soit endormi, et Jack, alors, en profite pour sortir de sa cachette. Au moment où Jack s’empare de la harpe, celle-ci appelle son maître l’ogre avec une voix humaine, et l’ogre se réveille. L’ogre poursuit Jack, qui s’est emparé de la harpe, jusqu’à la tige de haricots. L’ogre descend la tige derrière Jack mais, une fois que Jack est arrivé en bas, vite, il demande à sa mère de lui donner une hache, dont il se sert pour couper l’énorme tige. L’ogre tombe et se rompt le cou.

Jack montre à sa mère la harpe d’or, et grâce à elle, et en vendant les œufs d’or, ils deviennent tous les deux très riches. Jack épouse une grande princesse. Ils vivent heureux pour toujours.

****

Le personnage de Jack est un héros enfantin, sans beaucoup de scrupules, que la faim pousse à agir. Puni par sa mère, il en vient à voler et à tuer un plus grand que lui. Ce géant est décrit comme un méchant, terrorisant les petites gens et, souvent, dérobant des biens de valeur, de sorte que le comportement de Jack devient légitime. Plus prosaïquement, c’est aussi une victoire du petit sur le grand, du pauvre sur le riche.

La tige du haricot magique est ce qui m’a le plus marquée dans ce conte, ainsi que la maison, que j’imagine comme un château dans les nuages. Cette tige est comme un lien entre la terre et le ciel qui permet aux humains de rejoindre un autre monde, et d’améliorer la condition humaine, telle que la tour de Babel. Les objets que Jack dérobe sont magiques, ils sont une part du rêve : manger à sa faim, ne manquer de rien, posséder un bout de divin.

Et vous, ce conte vous parle ? Quel est votre conte préféré ?

Retrouvez également
isabelle-dessine-moi-un-prenom