Une visite… au Musée en Herbe

Musée en herbe - ateliers à la loupe

C’est grâce à la newsletter de Citizen Kid que je me suis intéressée à ce musée parisien, tout près de chez moi.

Situé le long du grand magasin La Samaritaine, fermé pour rénovation depuis de nombreuses années, il est également tout près de Saint-Germain-l’Auxerrois et du Pont-Neuf, de quoi faire une jolie visite en ce dimanche ensoleillé ! Regarder les photos de l’intérieur du grand magasin, musarder le long de l’église et lever le nez, découvrir l’école élémentaire de l’Arbre sec et enfin, entrer au chaud.

Le Musée en Herbe est destiné au public âgé de 3 à 103 ans, est-il indiqué sur une affiche !

Le musée, fondé en 1975, était initialement installé au Jardin d’acclimatation, mais depuis 2016 il est situé au 23 rue de l’Arbre-Sec dans le 1er arrondissement de Paris. Il est géré par une association loi de 1901.

On peut y découvrir des parcours-jeux sur des thèmes artistiques par le biais du jeu. Le déplacement dans le musée se fait au travers d’enquêtes, de découverte d’objets dans les toiles ou les sculptures exposées. Un livret-jeu accompagne les enfants tout au long du parcours. On peut également inscrire les enfants à des visites commentées, des ateliers créatifs, par groupe d’âge, accompagnés d’un adulte.

Notre prétexte pour découvrir le Musée e Herbe était l’exposition temporaire « Ateliers à la loupe ».

C’est une exposition très intelligente conçue comme une enquête pour entrer dans l’intimité des peintres en découvrant leur atelier. Le peintre Damian Elwes, ami de certains de ces artistes, s’est inspiré de leurs œuvres et des photos de leur atelier pour recréer ceux-ci en peinture. On peut ainsi découvrir les ateliers de Matisse, Dali, Picasso, Calder, Andy Wahrol ou Frida Kakho à travers des toiles, des dessins, de grands panneaux. Les enfants, munis de leur guide se promènent dans le musée en cherchant des indices afin de démasquer un coupable !

 

L’exposition est conçue comme une visite des ateliers. Ceux-ci sont à la fois issus de reportages photos et d’invention.

Le peintre s’est ingénié à imaginer ces univers comme il se représente les artistes et c’est à la fois drôle, poétique et très bien documenté.

L’atelier de Picasso est celui qui a le plus arrêté mon fils, dans la mesure où il avait visité le musée dédié au peintre dans le Marais au mois de janvier. Il a apprécié chercher  les instruments de musique, découvrir des ébauches des Demoiselles d’Avignon. Ma fille s’est arrêtée sur l’atelier de Frida Kahlo (la dame au mono sourcil ^^) et moi sur celui de Calder.

Je tire mon chapeau au peintre Damian Elwes qui a dû énormément travailler en amont. Ces toiles sont merveilleuses.

 

A la fin de l’enquête, les enfants se présentent avec leur guide papier auprès d’une personne qui vérifie leurs arguments et s’ils gagnent, ils reçoivent un tube de gouache en cadeau. Dans le cas contraire, elle les aide à résoudre l’énigme. En résumé, je recommande cette exposition. De 5 à 9 ans sans aucun souci, avec l’aide d’un adulte. Au-delà, c’est ludique, mais les jeunes ados préféreront des musées moins bruyants et moins fréquentés.

Les visites guidées ont l’air absolument passionnantes  et nous sommes motivés pour tester également les ateliers artistiques.

 

LE MUSÉE EN HERBE

23, rue de l’Arbre-Sec / 75001 Paris
Tél : 01 40 67 97 66
musee-en-herbe@orange.fr

Une visite au musée d’Orsay

Une visite au musée d’Orsay

Hier, avec des amies créatrices, je me suis rendue au Musée d’Orsay que je n’avais pas vu depuis 16 ans. Une aventure en soi qui m’a fait redécouvrir ma ville via les quais de Seine, les îles, et ce lieu exceptionnel. Le musée d’Orsay n’est pas comme les autres à mon sens : il est vaste, mais il n’est pas bondé, les collections sont bien réparties, sur 5 niveaux, mais chacune d’entre elles présente un nombre limité d’oeuvres, bien aérées. Enfin, et surtout, c’est le musée qui présente le plus de peintres symbolistes à Paris. Pour beaucoup de visiteurs, c’est la collection des Impressionnistes qui prime mais pour moi, c’est la présence d’oeuvres majeures de Gustave Moreau, Burne Jones, Puvis de Chavannes ou Maurice Denis.

Les symbolistes, dont font partie les Pré-Raphaélistes anglais, prônent le retour à l’artisanat, à l’art sur commande (à l’instar de William Morris) et à la transcendance grâce à la mythologie antique et médiévale. Utilisant la tendance réaliste contemporaine, ils allient la représentation des personnages réalistes et les sujets plus élevés. Ils ne représentent pas la nature et encore moins la nature humaine pour elles-mêmes, mais pour illustrer les élans de l’âme et faire rêver.

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« Le musée a pris place dans l’ancienne gare d’Orsay, un édifice construit pour l’exposition universelle de 1900. Le bâtiment est, en quelque sorte, la première « oeuvre » des collections du musée d’Orsay qui présente l’art des quelques décennies qui s’écoulent entre 1848 et 1914″.

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La vue depuis l’intérieur du musée, à travers l’horloge. On aperçoit le Sacré-Coeur et Montmartre.

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La roue de la fortune, par E. Burne-Jones (1883) La composition avec cette roue gigantesque est osée. J’aime les corps de Burne Jones, ce canon de 1/8e (la tête devrait représenter 1/7e du corps selon le canon de Vitruve), le dessin des drapés qu’il réussit à rendre en peinture et son inspiration mythologique. Il y a peu d’oeuvres de l’auteur à Orsay, j’ai été marquée par l’exposition organisée en 1999 dont je possède le catalogue, une merveille ! La sirène, Le roi Cophetua et la mendiante… Je lui dédierai un article pour vous le présenter !

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Gustave Moreau, Orphée (1865). C’est, avec Burne Jones, mon peintre préféré. Je lui envie ses ambiances mystiques, son choix de thèmes, et sa maîtrise des couleurs, des carnations, des tissus, tout en somme ! C’était un très bon dessinateur (ses esquisses sont conservées dans sa maison natale devenue musée éponyme) et un peintre qui réalisait à la fois des morceaux sur un style « pompier » et des arrières plan violents, colorés, pleins de force. Il a l’audace de créer des scènes mythologiques qui n’existent pas, comme ce tableau où une jeune femme se recueille sur la tête du poète Orphée, dépecé par les Ménades. Une tranquillité qui invite à la réflexion.

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L’Enigme de Gustave Doré (1871). Connaissez-vous Gustave Doré ? Ses gravures pour illustrer la Bible, Le petit Chaperon rouge ? Lors de la guerre contre la Prusse, l’artiste était outre Manche où il a peint trois toiles sur le thème de la défaite. Ici Paris en flammes, avec au premier plan des corps et un couple, personnage ailé et Sphinx. Comme une méditation sur les origines de la guerre. Je ne connaissais pas ses peintures et elles me touchent encore davantage que ses gravures.

Je vous décrirai encore volontiers les oeuvres de Maurice Denis, de Toulouse Lautrec qui m’ont marquée. Cette visite m’a fait beaucoup de bien et je pense que mes prochaines peintures en seront inspirées ! Quel plaisir de laisser aller sa pensée, de retrouver ses connaissances, d’échanger avec d’autres personnes passionnées, de critiquer, de découvrir, de se rassasier. Mais la suite la semaine prochaine après la visite du Musée Gustave Moreau. Et vous, le symbolisme vous parle ? connaissez-vous le Musée ? Je vous souhaite bon vendredi et bon weekend !

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